Rechercher
  • Cabinet St Pierre

Covid-19 et asthme : les recommandations des pneumologues


France – En cette période de circulation du virus, les patients atteints de maladies respiratoires chroniques, et notamment d’asthme, sont particulièrement inquiets, que ce soit en raison de leur pathologie même, ou de leur traitement. Voici quelques informations utiles à leur communiquer.

Corticoïde inhalé ou oral : ne pas interrompre sans l’avis d’un médecin

En réponse aux l’annonce sur les risques d’aggravation respiratoire liée à la prise d’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) ou de cortisone en cas d’infection par le COVID-19, la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) a émis un communiqué [1] pour souligner que « les personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique (asthme, BPCO, autre) qui reçoivent un traitement par corticoïde inhalé ou oral ne doivent pas l’interrompre sans l’avis de leur pneumologue ou de leur médecin traitant, au risque de déstabiliser leur maladie (exacerbation, aggravation) ». Concernant les anti-inflammatoires non stéroïdiens (tel que l’Ibuprofène), la SPLF précise qu’ils n’ont aucune indication thérapeutique dans les maladies respiratoires chroniques. La SPLF rappelle également qu’en cas de symptômes respiratoires aggravés – augmentation de la toux, difficulté à respirer ou fièvre – le patient doit contacter son médecin traitant, son pneumologue référent ou le 15 en cas de signes de gravité.

Asthme sévère

Concernant spécifiquement les personnes asthmatiques, l’association Asthme & Allergies apporte les précisions suivantes dans un communiqué actualisé au 19 mars[2] : « il est très important de ne pas arrêter son traitement de fond contre l'asthme. Celui-ci repose sur les corticoïdes inhalés qui permettent de contrôler l’inflammation bronchique et de diminuer les exacerbations d'asthme. Par contre, en cas de toux, de gêne respiratoire et de fièvre il est, en ce moment, indispensable de prendre avis auprès de son médecin avant de débuter un traitement de cortisone par voie orale ».


Autre précision d’importance : « tous les asthmatiques ne présentent pas le même risque face à cette maladie virale qu'est le Coronavirus ». Ainsi, « une personne qui a un asthme léger bien contrôlé ne nécessitant pas un traitement de fond, ne présente pas le même risque qu'un asthmatique dont l'asthme est sévère et mal contrôlé malgré les corticoïdes inhalés voire des corticoïdes oraux quotidiens ».

Les personnes souffrant d'asthme sévère font partie des personnes à risque, ainsi que l’a mentionné le Haut Conseil de la Santé Publique dans son avis du 14 mars. A ce titre, les personnes en ALD (Affection de Longue Durée) pour cause d’asthme sévère peuvent demander à être mis en arrêt de travail sans passer par leur employeur ni par leur médecin traitant dans le cadre d’une mesure spécifique à l’infection coronavirus mis en place cette semaine par l'Assurance Maladie (https://declare.ameli.fr/). Cette possibilité devrait permettre aux personnes dont l’état de santé le justifie de se mettre à l’abri, en complément du respect des mesures barrières (A lire Les patients en ALD et les femmes enceintes peuvent se mettre en arrêt eux-mêmes pour 15 jours).

A destination des personnes qui se savent allergiques

Avec l'arrivée des pollens, la période du printemps pose habituellement problème aux personnes allergiques. Rhinite, conjonctivite et asthme provoquent fréquemment de la toux et des sifflements. Or ces symptômes peuvent être confondus avec ceux du COVID-19. C’est pourquoi l’association précise qu’il est important que ces personnes « soient attentives à bien évaluer la nature des symptômes ressentis et à ne penser au COVID-19 que si ces derniers sont différents de ceux habituellement ressentis ».


Les personnes souffrant d'asthme sévère font partie des personnes à risque.

16 vues