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  • Cabinet St Pierre

Prescrire l'exercice physique

L'exercice physique est bénéfique pour la santé, ce n'est pas un fait nouveau. Mais les recherches sur les formes d'exercices, leur durée et les conditions dans lesquelles ils sont pratiqués suscite de plus en plus d'intérêt. De nombreux patients sont réticents à suivre des prescriptions d'exercice longues ou compliquées, c'est pourquoi il est important d’expliquer que même un temps assez bref consacré à une activité physique a un effet positif démontré sur la santé (voir infographie).


8 minutes par jour

Des chercheurs du Royaume-Uni ont analysé les données de trackers de fitness portés par plus de 71 000 personnes. Les résultats suggèrent qu'un exercice court et vigoureux peut être plus bénéfique qu'un exercice long et modéré.


Les données ont montré que, bien que l'augmentation du temps d'exercice ait généralement entraîné une amélioration de la santé, les effets protecteurs ont fini par se stabiliser. Les auteurs suggèrent qu'une séance d'entraînement brève mais stimulante peut réduire les plaques qui obstruent les artères, améliorer la pression artérielle et renforcer la condition physique générale.


Cette durée d'entraînement plus courte qu’estimée auparavant pourrait aider les patients à respecter les prescriptions en matière d'exercice. Les CDCrecommandent actuellement au moins 150 minutes d'exercice d'intensité modérée ou 75 minutes d'exercice vigoureux chaque semaine. « Le manque de temps est l'une des principales raisons invoquées pour ne pas faire d'exercice », explique l'auteur de l'étude, Matthew Ahmadi. Ainsi, on peut espérer que le fait de n'avoir besoin que de 8 minutes par jour au lieu de 30 minutes pourrait convaincre les patients à pratiquer les exercices dont ils ont besoin.

En France, les recommandations de santé publique indiquent de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche rapide par jour au minimum 5 fois par semaine pour les adultes, et l’équivalent d’au moins 60 minutes par jour pour les enfants et adolescents.


Bénéfices dans le stress post-traumatique

Au-delà des prescriptions d'exercice pour améliorer l'état de santé général et prévenir les maladies cardiovasculaires, plusieurs nouvelles études ont identifié des bénéfices spécifiques dans des conditions particulières. On a ainsi observé que de brefs exercices d'aérobic augmentaient les bénéfices de la thérapie d'exposition chez les patients souffrant de troubles du stress post-traumatique (TSPT). Les chercheurs australiens ont assigné au hasard 130 adultes souffrant de TSPT (âge moyen 39 ans ; 61% de femmes ; 76% de Blancs) à participer à neuf séances de 90 minutes de thérapie d'exposition avec soit des exercices aérobiques, soit des étirements passifs (n = 65 dans chaque groupe). Les séances de thérapie d'exposition étaient identiques. Après ces séances, les participants se sont adonnés à 20 minutes de leurs exercices respectifs. Lors du suivi à 6 mois, les réductions de la sévérité du TSPT étaient plus importantes dans le groupe d'exercices aérobiques comparativement au groupe d'étirements (différence moyenne, 12,1 ; IC 95%, 2,4-21,8 ; p = 0,023), indiquant un "effet modéré" (d = 0,6 [.1-1.1]). Des bénéfices supérieurs ont également été observés au niveau de la sévérité de la dépression à 6 mois (résultat secondaire), avec une différence moyenne du score de Beck-2 pour la dépression de 5,7 (IC à 95%, 0,5-10,9 ; p = 0,022), ce qui indique également un "effet modéré" (0,5 ; IC à 95%, 0,1-1,0]).

L’exercice plus efficace que les médicaments dans la migraine

L'exercice peut être particulièrement bénéfique chez les patients souffrant de migraine. Des recherches récentes ont montré que l'entraînement musculaire réduisait les migraines plus efficacement que des médicaments de première ligne comme le topiramate et l'amitriptyline. Il s’agissait d'une étude systémique et d’une méta-analyse comprenant 21 essais cliniques avec des groupes d'exercices et des groupes témoins. La taille totale de l'échantillon combiné était de 1195 patients souffrant de migraine (âge moyen 35,5 ans ; ratio femmes/hommes, 6,7:1). Toutes les interventions d'exercice ont été plus efficaces que le placebo pour réduire la fréquence des migraines. Concernant le classement, l'entraînement musculaire était le plus bénéfique avec une différence moyenne de -3,55 (IC 95 %, -6,15 à -0,95) dans le nombre de jours de migraine par mois. Les interventions les plus efficaces étaient l'exercice aérobique d'intensité élevée (--3,13 ; IC à 95 %, -5,28 à -0,97) et l'exercice aérobique d'intensité modérée (-2,18 ; IC à 95 %, -3,25 à -1,11), suivies du topiramate, du placebo et de l'amitriptyline.

Amélioration de la fonction cognitive post-AVC

Chez les patients ayant subi un accident vasculaire cérébral, l'exercice peut améliorer de manière significative la fonction cognitive. Les résultats d'un nouvel essai ont montré que les patients présentant une déficience cognitive légère à modérée retrouvaient une cognition quasi normale grâce à l'intervention. Cette nouvelle étude, monocentrique et en simple aveugle, a porté sur 120 patients (âge moyen 70 ans ; 62% d'hommes) qui avaient subi un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique. Ils ont été randomisés à un programme d'entraînement physique plus vigoureux, un programme d'entraînement cognitif et d'activités sociales, ou un programme d'exercices d'équilibre et de tonification.

À la fin de l'intervention, les participants du groupe d'exercices avaient des scores cognitifs significativement meilleurs que ceux du groupe d'exercices d'équilibre et de tonification (différence moyenne estimée, -0,24 ; IC 95%, -0,43 à 0,04 ; p = 0,02). Toutefois, cette différence n'a pas persisté à la fin du suivi (différence moyenne estimée, -0,08 ; IC à 95 %, -0,29 à 0,12). « Il est intuitif et biologiquement sain de dire que si vous ne continuez pas à faire les exercices, les avantages disparaîtront avec le temps ; c'est la notion d'utilisation ou de perte », a déclaré Teresa Liu-Ambrose, investigatrice de l'étude. « Ce qu'il faut retenir, c'est que tout exercice de base peut être bénéfique pour les personnes dans la phase chronique d'un AVC et que l'amélioration de certaines des fonctions motrices les plus élémentaires, comme l'équilibre, pourrait se traduire par la capacité et la volonté des gens de s'engager dans une activité physique plus poussée. »




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